Une SCI se paie deux fois : à la création, puis chaque année tant qu’elle existe. Sans compter chaque modification des statuts. La bonne nouvelle, c’est qu’une partie de ces frais est fixée par arrêté et se connaît à l’euro près : l’annonce légale et les formalités au registre. Le reste dépend de tes choix, à commencer par deux : rédiger les statuts toi-même ou payer un professionnel, tenir la comptabilité ou la confier.
Pour une SCI créée avec des apports en argent et des statuts rédigés sans aide, les frais obligatoires tournent autour de 250 € HT en 2026. Le reste, ce sont des honoraires libres. C’est là que la facture grimpe, ou pas.
Ce que coûte la création d’une SCI
Avant de chiffrer, un rappel. Il n’existe pas de capital minimum pour une SCI : 1 € suffit en théorie. Et le dépôt du capital à la banque est facultatif pour une société civile, alors qu’il est obligatoire pour une société commerciale. Si tu hésites encore sur l’intérêt de la structure, lis d’abord les raisons concrètes de créer une SCI avant de sortir la carte bancaire.
L’annonce légale et le greffe : les deux frais fixés par l’État
Une fois les statuts signés, tu publies un avis de constitution dans un journal ou un service de presse en ligne habilité. Puis tu déposes le dossier sur le guichet unique, formalites.entreprises.gouv.fr, passage obligé depuis 2023. Le guichet est gratuit, seuls les frais réglementés se paient.
Depuis le 1er janvier 2026, l’annonce de constitution d’une SCI est un forfait. Le barème du registre, lui, a été revu au 1er mars 2026.
| Poste à la création | Montant 2026 (métropole) |
|---|---|
| Annonce légale de constitution d’une SCI | 191 € HT (223 € HT à La Réunion et à Mayotte) |
| Immatriculation au registre | 44,27 € HT |
| Déclaration des bénéficiaires effectifs déposée avec l’immatriculation | 16,11 € HT |
| Publication au Bodacc à l’immatriculation | Gratuite |
| Total, hors petits frais annexes | 251,38 € HT, annonce comprise, TVA en plus |
Ces montants bougent d’une année sur l’autre, et de petits frais annexes (transmission des actes, extrait) s’ajoutent. Retiens l’ordre de grandeur : une cinquantaine d’euros de greffe, plus l’annonce.
Les statuts et l’apport d’un bien
Les statuts écrits sont obligatoires. Tu peux les rédiger toi-même ou les confier à une plateforme, un avocat ou un notaire, à honoraires libres. Compare deux ou trois devis à prestation identique. Et franchement, des statuts types copiés sans réflexion finissent souvent par coûter plus cher qu’une rédaction sur mesure, le jour où les associés ne sont plus d’accord.
Le notaire devient obligatoire dès qu’un associé apporte un immeuble à la société. Et quand les statuts sont rédigés par un notaire, ou qu’ils transmettent la propriété ou l’usufruit d’un immeuble, ils doivent être enregistrés au service des impôts dans le mois.
Le régime fiscal change aussi l’addition. Un apport pur et simple d’immeuble à une SCI à l’impôt sur le revenu, fait à la constitution, ne supporte pas de droit d’enregistrement, ni de taxe de publicité foncière. Restent l’acte du notaire et la contribution de sécurité immobilière, due à la publication. À l’impôt sur les sociétés, quand l’apporteur n’y est pas lui-même soumis, l’enregistrement de l’apport coûte 5 % de sa valeur, sauf exonération pour un immeuble affecté à l’activité professionnelle si l’apporteur garde ses parts au moins 3 ans. Sur une maison apportée pour 200 000 €, ça fait 10 000 €.
Pas négligeable.
Et si la SCI achète le bien, les droits de mutation se paient à l’acte comme pour un achat en direct.

Les frais qui reviennent chaque année
La création se paie une fois. La gestion, elle, se paie tant que la société existe, même les années où elle ne rapporte rien.
Comptabilité et déclaration fiscale
Une SCI à l’impôt sur le revenu dépose chaque année une déclaration 2072, la 2072-S dans les cas courants. Elle se télédéclare au plus tard le 2e jour ouvré après le 1er mai. Chaque associé reporte ensuite sa quote-part sur sa propre déclaration, même si la SCI n’a rien distribué.
Une comptabilité régulière est attendue dans tous les cas, et indispensable à l’IS. La fiche officielle de service-public la présente même comme obligatoire pour toute SCI. À l’IR, beaucoup de gérants la tiennent eux-mêmes. À l’IS, c’est une autre histoire : comptabilité complète, bilan, déclaration 2065 dans les 3 mois de la clôture (ou le 2e jour ouvré après le 1er mai pour une clôture au 31 décembre). En pratique, la plupart des SCI à l’IS passent par un expert-comptable.
Aucun texte n’oblige une SCI à prendre un expert-comptable. Ses honoraires sont libres et récurrents. Le choix du régime a donc un coût de fonctionnement en plus des effets fiscaux détaillés dans notre article sur la fiscalité d’une SCI à l’IR ou à l’IS.
Banque, assurance et gestion locative
Ces postes-là ont un point commun : leur prix est entièrement libre.
- Le compte bancaire au nom de la SCI : frais de tenue de compte, carte, et frais de dossier si la société emprunte. Un compte séparé évite de mélanger les loyers avec ton argent perso, source classique de litiges entre associés.
- L’assurance des immeubles, et une responsabilité civile si tu en souscris une. À comparer chez plusieurs assureurs.
- Les honoraires d’une agence ou d’un administrateur de biens si la SCI ne gère pas elle-même ses locations. Et, en cas d’impayé, les frais de procédure (commissaire de justice, avocat).
- La domiciliation du siège, si tu ne l’installes pas chez un associé.
L’assemblée annuelle et le rapport du gérant
L’assemblée n’a pas de tarif. Mais elle demande du travail. Le code civil impose au gérant un rapport écrit annuel sur sa gestion, bénéfices et pertes compris. Les documents partent aux associés 15 jours avant l’assemblée, et chaque décision donne lieu à un procès-verbal inscrit au registre des procès-verbaux.
Tu le fais toi-même, et ça te coûte du temps. Tu le délègues, et ça te coûte des honoraires. Sauter l’étape coûte encore plus cher : l’absence de comptes et de reddition annuelle peut justifier la révocation du gérant, et c’est l’une des erreurs de gestion qui reviennent le plus dans une SCI.
La CFE, un faux souci dans la plupart des cas
En général, une SCI qui loue des logements nus n’en paie pas : la location nue de locaux d’habitation est hors champ. D’après le livret fiscal de la DGFiP, une SCI qui loue d’autres locaux nus, comme des bureaux, n’y entre que si ses recettes atteignent 100 000 € HT. Dans ce cas, interroge ton service des impôts. Et une SCI qui loue en meublé exerce une activité qui relève de la CFE.
Chaque modification a son prix
Changer de gérant ou faire entrer un associé : chaque fois, les statuts bougent, et une nouvelle série de frais réglementés tombe.
| Modification | Annonce légale | Formalités |
|---|---|---|
| Nomination ou départ d’un gérant, transfert du siège | 109 € HT | 42,26 € HT de greffe, plus 116 € TTC de Bodacc |
| Changement d’objet ou de capital | 136 € HT | Mêmes frais de registre |
| Changement de dénomination, ou mouvement d’associés quand il doit être publié | 199 € HT | Mêmes frais de registre |
| Mise à jour des bénéficiaires effectifs | Sans annonce | 28,17 € HT |
Une simple cession de parts ne passe pas par une annonce légale, sauf si elle entraîne un changement de gérant ou d’objet. Mais depuis le 27 juin 2026, l’acte de cession de parts d’une SCI à prépondérance immobilière doit être établi par un notaire ou un avocat, et dans certains cas par un expert-comptable, à peine de nullité. Ajoute les droits d’enregistrement de 5 %, sans abattement, en principe payés par l’acheteur. Tout le déroulé figure dans notre guide pour céder ses parts de SCI.
Même logique à la fin de vie de la société : annonce de nomination du liquidateur (153 € HT), puis annonce de clôture (111 € HT), formalités de radiation et droit de partage de 2,5 % sur l’actif net partagé. On détaille ce calendrier dans l’article sur la dissolution et la liquidation d’une SCI.

Les frais que tu peux déduire, selon le régime
À l’IR, la SCI qui loue nu déclare des revenus fonciers. Le BOFiP admet la déduction pour leur montant réel des honoraires versés à un tiers, comme un administrateur de biens, et des frais de procédure (notaire, avocat, commissaire de justice, expert). Les autres petits frais de gestion, correspondance ou téléphone par exemple, passent par un forfait de 20 € par local, même si tu as dépensé davantage. Par contre, la rémunération versée à l’associé gérant n’est pas une charge déductible des revenus fonciers.
À l’IS, les frais de la société viennent en déduction de son résultat, et la rémunération du gérant devient déductible. Ça ne veut pas dire que l’IS revient moins cher : la comptabilité est plus lourde et la plus-value de revente se calcule autrement. Pour ton cas, fais faire la simulation par un expert-comptable ou un avocat fiscaliste.
Cas type : deux frères créent une SCI à l’IR
Prends deux frères qui créent une SCI en métropole pour acheter un appartement à louer nu. Ils apportent chacun 5 000 € en numéraire, rédigent les statuts eux-mêmes et restent à l’impôt sur le revenu.
- Création : 191 € d’annonce, 44,27 € d’immatriculation et 16,11 € de bénéficiaires effectifs, soit 251,38 € HT.
- Achat : les frais d’acquisition habituels, comme en nom propre.
- Chaque année : la 2072-S, une comptabilité tenue par le gérant, une assemblée avec procès-verbal. Aucun frais réglementé, mais du temps, la banque et l’assurance.
- Trois ans plus tard, l’un des frères devient seul gérant : 109 € d’annonce, 42,26 € HT de greffe et 116 € TTC de Bodacc, soit 151,26 € HT plus 116 € TTC.
Le calcul tient dans un mouchoir de poche. Pour eux, le vrai coût est ailleurs : le temps de gestion chaque année, et le jour où l’un voudra sortir.
Quand les frais deviennent trop lourds
Il n’existe pas de seuil officiel au-delà duquel une SCI « ne vaut plus le coup ». Le bon réflexe : poser les frais annuels prévisibles en face des loyers attendus, puis comparer avec une détention en direct ou en indivision.
Pour un seul petit bien loué, avec un expert-comptable payé chaque année parce que la société est à l’IS, les frais fixes peuvent manger une bonne part du rendement. À l’inverse, pour plusieurs biens détenus à plusieurs, avec une transmission à préparer, ces frais pèsent peu face à la souplesse de gestion. Le bilan complet est dans notre article sur les avantages et inconvénients d’une SCI.
Avant de signer quoi que ce soit, fais ce tableau. Si le résultat te fait grimacer, mieux vaut le découvrir maintenant que dans trois ans.
Questions fréquentes
Combien coûte l’annonce légale de constitution d’une SCI en 2026 ?
C’est un forfait de 191 € HT en métropole et de 223 € HT à La Réunion et à Mayotte, fixé par arrêté pour 2026. Le prix ne dépend plus du nombre de caractères.
Un expert-comptable est-il obligatoire pour une SCI ?
Aucun texte n’oblige une SCI à prendre un expert-comptable. Une comptabilité régulière reste attendue, et elle devient complète à l’IS, ce qui pousse la plupart des SCI à l’IS à confier ce travail à un professionnel.
Faut-il passer chez le notaire pour créer une SCI ?
Seulement si un associé apporte un immeuble à la société. Avec des apports en argent, tu peux rédiger les statuts toi-même ou les confier à un avocat ou à une plateforme, à honoraires libres.
Une SCI paie-t-elle la CFE ?
En général non quand elle loue des logements nus, car cette activité est hors champ. Une SCI qui loue d’autres locaux nus n’y entre que si ses recettes atteignent 100 000 € HT, selon le livret fiscal de la DGFiP.
Sources
- RFPI – Revenus fonciers – Charges déductibles – Frais d’administration et gestion
- Tarifs des formalités
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