Le dispositif Pinel est fermé aux nouveaux achats depuis le 1er janvier 2025. Seuls les investissements réalisés entre septembre 2014 et le 31 décembre 2024 y ouvrent droit. Si tu as signé avant cette date, rien ne s’arrête pour toi : ta réduction d’impôt continue de tomber chaque année, à condition de tenir ton engagement de location jusqu’au bout.
Voici ce qui reste en jeu pour toi en 2026, de ton taux réel jusqu’à la sortie du dispositif.
Le Pinel existe-t-il encore en 2026 ?
Pour un nouvel achat, non. La fiche officielle de l’administration est claire : il n’est plus possible de réaliser un investissement Pinel depuis le 1er janvier 2025. Aucune prolongation n’a été votée depuis. Si tu cherches une réduction d’impôt pour un nouvel achat, regarde plutôt du côté du dispositif Denormandie dans l’ancien rénové, qui obéit à ses propres règles.
Pour toi qui as acheté avant, le dispositif continue de vivre. Ton contrat avec le fisc reste celui de l’année de ton acquisition. Les plafonds de loyer et de ressources, eux, sont mis à jour chaque année, et c’est la version 2026 qui s’applique à tes baux signés cette année.
Un cas particulier mérite un mot. Si tu as acheté sur plan fin 2024, ton logement n’est peut-être pas encore livré. La règle prévoit que l’immeuble doit être achevé au plus tard 30 mois après la signature de l’acte authentique. Ensuite, tu as un an après l’achèvement pour le mettre en location.
Comment fonctionne ta réduction d’impôt Pinel ?
La réduction est calculée sur le prix de revient du logement, dans une double limite : 300 000 € par contribuable et par an, et 5 500 € par mètre carré de surface habitable. Elle porte sur deux logements au maximum par an.
Elle ne tombe pas d’un coup. Elle est étalée sur toute la durée de ton engagement. Pour un achat antérieur à 2023, c’est 2 % du prix par an pendant les 6 ou 9 premières années.
Prends un logement de 200 000 € acheté en 2018, avec un engagement de 9 ans. Ça fait 18 %, soit 36 000 € de réduction au total, répartis en 4 000 € par an pendant 9 ans. Si tu prolonges de 3 ans, tu ajoutes 3 %, donc 6 000 € de plus, à raison de 2 000 € par an.
Attention à un point que beaucoup découvrent tard. La réduction entre dans le plafonnement global des niches fiscales, qui limite le total des avantages que ton foyer peut cumuler sur une année. Si tu as aussi un emploi à domicile ou d’autres réductions, fais le calcul avant de compter sur le montant plein. Les règles pour cumuler plusieurs dispositifs fiscaux valent aussi la peine d’être relues.
Quel taux de réduction s’applique à ton logement ?
Tout dépend de ton année d’achat. Les acquisitions de 2023 et 2024 ont subi un rabot, sauf pour les logements Pinel+ (situés en quartier prioritaire de la politique de la ville ou respectant un niveau élevé de qualité).
| Durée totale d’engagement | Achat avant 2023 ou Pinel+ | Achat en 2023 | Achat en 2024 |
|---|---|---|---|
| 6 ans | 12 % | 10,5 % | 9 % |
| 9 ans | 18 % | 15 % | 12 % |
| 12 ans | 21 % | 17,5 % | 14 % |
Pour 2023 et 2024, la fiche officielle ne publie que ces totaux, sans le détail année par année des prolongations.
Pour un achat de 2024 à 200 000 €, l’écart est net. Sur 12 ans, tu touches 28 000 € de réduction, contre 42 000 € pour le même bien acheté avant 2023.
Que se passe-t-il quand ton engagement initial arrive à son terme ?
Tu as deux options. Soit tu sors du dispositif, soit tu prolonges.
La prorogation se fait par périodes de 3 ans. Avec un engagement initial de 6 ans, tu peux prolonger une ou deux fois, jusqu’à 12 ans au total. Avec un engagement de 9 ans, une seule prolongation est possible.
Pour un achat d’avant 2023, la première prolongation de 3 ans après 6 ans rapporte 6 % (2 % par an). La suivante rapporte 3 % (1 % par an). Après un engagement de 9 ans, les 3 ans de plus rapportent 3 %.
Une condition passe souvent sous le radar. Pour bénéficier de la prorogation, tu dois être domicilié fiscalement en France l’année où elle s’exerce. Si tu pars vivre à l’étranger, la prolongation tombe.
Alors, prolonger ou pas ? Ça dépend surtout de ton loyer. Tant que le plafond Pinel de ta zone reste proche du loyer de marché, prolonger ne te coûte presque rien. Si le marché local est monté bien au-dessus, tu perds peut-être plus en loyer que ce que te rapporte 1 % ou 2 % de réduction par an. Pose les deux chiffres côte à côte.
Quels plafonds de loyer et de ressources respecter en 2026 ?
Pendant tout l’engagement, ton loyer et les revenus de ton locataire doivent rester sous des plafonds. Pour un bail conclu en 2026 en métropole, le loyer mensuel hors charges ne doit pas dépasser :
- 19,71 € par m² en zone A bis
- 14,64 € par m² en zone A
- 11,80 € par m² en zone B1
- 10,26 € par m² en zone B2 et C (communes agréées)
Ce plafond au m² est ensuite ajusté par un coefficient multiplicateur qui dépend de la surface du logement. Ces plafonds peuvent aussi être abaissés localement, selon le marché de ta commune.
Côté locataire, on regarde son revenu fiscal de référence de 2024 pour un bail signé en 2026. Une personne seule ne doit pas dépasser 44 344 € en zone A bis ou A, 36 144 € en B1 et 32 530 € en B2 ou C. Pour un couple, c’est 66 276 €, 48 268 € et 43 439 €.
Bon à savoir : tu peux louer à ton enfant ou à tes parents, à condition qu’ils ne fassent pas partie de ton foyer fiscal. Si ton enfant y revient en cours de route, la réduction est remise en cause.
Que risques-tu si tu romps ton engagement avant la fin ?

La sanction est lourde. L’année où l’événement se produit, ton impôt est majoré du montant total de la réduction déjà obtenue. Pas seulement un morceau. La totalité.
Les situations qui déclenchent cette reprise sont assez précises. Vendre le logement pendant l’engagement en fait partie, tout comme le démembrer ou le mettre en indivision. Un logement qui reste vide plus de 12 mois d’affilée aussi : la reprise s’applique alors l’année où ces 12 mois expirent. Même chose si tu dépasses le plafond de loyer ou si ton locataire ne respecte pas le plafond de ressources à la signature du bail.
À la reprise s’ajoutent les intérêts de retard et, en cas de manquement délibéré, des majorations. Le fisc dispose d’un délai qui court jusqu’au 31 décembre de la troisième année suivant l’événement.
Trois coups durs échappent à cette reprise. La réduction déjà obtenue n’est pas reprise en cas de licenciement, d’invalidité de 2e ou 3e catégorie ou de décès de toi ou de ton conjoint soumis à imposition commune, même si l’engagement ne peut plus être tenu.
Le décès pose aussi la question de la suite. Le conjoint survivant qui reçoit le bien en pleine propriété ou en usufruit peut demander à continuer de bénéficier de l’avantage pour la part restante. S’il devient simple indivisaire, il ne le peut pas.
Bref, hors licenciement, invalidité ou décès, chiffre le montant à rembourser avant de vendre un Pinel en cours de route. Il dépasse souvent le gain espéré de la vente.
Et une fois l’engagement terminé, que faire du logement ?
Tu retrouves une liberté totale. Plus de plafond Pinel de loyer, plus de condition de ressources. Les règles locales restent valables, comme l’encadrement des loyers dans les villes qui l’appliquent, et le bail en cours se poursuit normalement. Tes obligations de propriétaire bailleur ne changent pas non plus.
Ensuite, tu choisis. Tu peux continuer à louer au prix du marché, avec des loyers toujours imposés en revenus fonciers et 17,2 % de prélèvements sociaux. Tu peux aussi y habiter, ou passer en meublé. Ces options, dont le passage du Pinel au LMNP, sont comparées en détail dans un autre article.
Si tu vends, la plus-value est taxée à 19 % d’impôt sur le revenu plus 17,2 % de prélèvements sociaux. L’abattement de 6 % par an sur la part impôt démarre à la sixième année de détention. Après 9 ans de détention, tu n’as donc que 24 % d’abattement côté impôt, et rien encore sur les prélèvements sociaux. Pour chiffrer ton cas, suis le calcul de la plus-value immobilière pas à pas.
Un dernier conseil. Note dès aujourd’hui la date exacte de fin de ton engagement dans ton agenda, avec un rappel un an avant. C’est là que tu décides si tu prolonges ou si tu reprends ta liberté.
FAQ
Peut-on vendre un logement Pinel avant la fin de l’engagement ?
Oui, mais la réduction déjà obtenue est alors reprise en totalité sur ton impôt de l’année de la vente. Seuls le licenciement, l’invalidité de 2e ou 3e catégorie ou le décès de toi ou de ton conjoint évitent cette reprise.
Ma réduction Pinel continue-t-elle si j’ai acheté en 2022 ?
Oui. Tu gardes le taux et la durée prévus au moment de ton achat, tant que tu respectes l’engagement de location. La fin du dispositif ne concerne que les nouvelles acquisitions.
Combien de temps un logement Pinel peut-il rester vide ?
Une période de vacance entre deux locataires est tolérée. Au-delà de 12 mois d’interruption, la réduction est remise en cause l’année où ces 12 mois se terminent.
Peut-on prolonger son engagement Pinel au-delà de 12 ans ?
Non. La prorogation se fait par périodes de 3 ans, dans la limite de 12 ans d’engagement au total. Et elle suppose d’être domicilié fiscalement en France l’année où elle s’exerce.





