En 2026, la question « Pinel ou LMNP » ne se pose plus pour un nouvel achat. Le Pinel est fermé depuis le 1er janvier 2025 : seuls les investissements réalisés jusqu’au 31 décembre 2024 y ouvrent droit. Si tu achètes aujourd’hui, tu compares donc le LMNP avec le nouveau statut du bailleur privé, dit dispositif Jeanbrun. Et si tu es déjà en Pinel, ta vraie question, c’est la sortie : rester en location vide, vendre, ou passer en meublé.
Le Pinel est-il vraiment fermé en 2026 ?
Oui. La fiche officielle du service public est nette : tu ne peux plus faire d’investissement locatif en Pinel depuis le 1er janvier 2025. Le dispositif a couvert les opérations réalisées entre septembre 2014 et fin 2024.
Les derniers entrants ont d’ailleurs signé avec des taux rabotés. Pour une acquisition en 2024 hors critères Pinel+, la réduction d’impôt était de 9 % du prix sur 6 ans, 12 % sur 9 ans et 14 % sur 12 ans. Le Pinel+, réservé aux logements les plus performants ou situés en quartier prioritaire, gardait les anciens taux.
Donc si un vendeur te parle encore de « Pinel » en 2026, méfie-toi.
Ce qui reste bien vivant, par contre, c’est la cohorte des propriétaires qui ont acheté entre 2014 et 2024. Eux ont des engagements qui courent encore, parfois jusqu’au milieu des années 2030.
Qui est encore concerné par le Pinel aujourd’hui ?
Tous ceux qui ont acheté un logement neuf en Pinel et qui sont encore dans leur période d’engagement. Elle dure 6 ou 9 ans au départ, et tu peux la proroger par périodes de 3 ans, sans dépasser 12 ans au total (le détail des taux et de la prorogation de l’engagement Pinel est dans notre guide dédié).
Pendant cette période, les règles ne bougent pas. Le logement doit être loué nu, comme résidence principale du locataire. Le loyer reste sous un plafond au mètre carré fixé par zone, et les revenus du locataire aussi. Pour les baux signés en 2026 en métropole, le plafond de loyer va de 10,26 €/m² en zones B2 et C à 19,71 €/m² en zone A bis.
Le point qui fâche : si tu romps l’engagement (vente du logement, location qui ne respecte plus les conditions), l’administration reprend tout. L’impôt de l’année est majoré du montant total des réductions déjà obtenues. Il n’y a pas de reprise en cas de licenciement, d’invalidité de 2e ou 3e catégorie ou de décès du contribuable ou de son conjoint.
Bref, pas question de passer en meublé en cours de route.
Que faire à la fin de l’engagement Pinel ?
Une fois la dernière année d’engagement terminée, tu reprends ta liberté : le loyer, le choix du locataire et le type de location ne dépendent plus des règles Pinel. Trois options s’ouvrent, et aucune n’est la bonne pour tout le monde.
Rester en location nue
C’est la voie la plus simple. Tu gardes ton locataire, tu peux revoir le loyer dans le cadre des règles du bail, et tes loyers basculent dans les revenus fonciers classiques, taxés à ton taux marginal plus 17,2 % de prélèvements sociaux. Sauf que sans réduction d’impôt, la fiscalité grimpe d’un coup. C’est souvent le moment où le rendement net d’un Pinel déçoit.
Vendre
Tu peux vendre sans pénalité Pinel une fois l’engagement bouclé. La plus-value immobilière suit le régime des particuliers : 19 % d’impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux, avec un abattement pour durée de détention qui démarre à partir de la 6e année. Après 9 ou 12 ans de détention, l’abattement reste modeste, et tu revends au prix du marché de l’ancien un bien payé au prix du neuf.
Passer en meublé (LMNP)
C’est l’option que beaucoup de propriétaires regardent. En meublé, tu passes des revenus fonciers aux bénéfices industriels et commerciaux. Au régime réel, tu déduis des amortissements sur le bâti et le mobilier, ce qui peut gommer l’impôt sur tes loyers pendant des années. Au micro-BIC, tu profites d’un abattement de 50 % jusqu’à 83 600 € de recettes en location longue durée.
Mais attention au timing. Si ton locataire en place a un bail vide, tu ne peux pas le faire partir pour transformer le logement en meublé. Le congé donné par le bailleur n’est possible qu’à l’échéance du bail de location vide, avec 6 mois de préavis, et pour trois motifs seulement : vendre, reprendre le logement pour l’habiter ou y loger un proche, ou un motif légitime et sérieux comme une faute du locataire. Passer en meublé n’en fait pas partie. La bascule se fait donc au départ naturel du locataire.
Autre détail qui compte à la revente : depuis le 15 février 2025, les amortissements déduits en LMNP sont réintégrés dans le calcul de la plus-value. Ce qui veut dire que l’économie d’impôt d’aujourd’hui se paie en partie le jour où tu vends.
Pinel ou LMNP : qu’est-ce qui change vraiment pour l’investisseur ?
Les deux n’ont jamais joué dans la même cour. Le Pinel réduisait directement ton impôt sur le revenu, en échange de contraintes fortes. Le LMNP ne réduit rien du tout sur tes autres revenus : il rend tes loyers peu ou pas imposés grâce à l’amortissement.
| Critère | Pinel (engagements en cours) | LMNP au réel |
|---|---|---|
| Ouvert aux nouveaux achats en 2026 | Non, fermé depuis le 1er janvier 2025 | Oui |
| Type de location | Nue, résidence principale du locataire | Meublée |
| Avantage fiscal | Réduction d’impôt sur le revenu | Amortissement déduit des loyers |
| Loyer et locataire | Loyer et ressources plafonnés | Loyer libre (hors zones d’encadrement) |
| Durée | 6, 9 ou 12 ans d’engagement | Aucune durée imposée |
| Plafond global des niches | Compte dans les 10 000 € par an | Hors plafond (ce n’est pas une réduction d’impôt) |
| À la revente | Plus-value des particuliers | Plus-value des particuliers, amortissements réintégrés depuis 2025 |
Le tableau résume le choix. Le Pinel servait à payer moins d’impôt sur ton salaire. Le LMNP sert à toucher des loyers peu fiscalisés.
Ce n’est pas le même objectif, et c’est pour ça que la comparaison « lequel est meilleur » n’a pas beaucoup de sens dans l’absolu. Tout dépend de ce que tu veux à la sortie : une baisse d’impôt immédiate, ou un revenu complémentaire qui tient sur la durée.
Quelles alternatives au Pinel pour investir en 2026 ?
Si tu cherchais dans le Pinel une baisse d’impôt sur un logement neuf, le successeur s’appelle le statut du bailleur privé, ou dispositif Jeanbrun. Il a été créé par la loi de finances pour 2026 et vise les acquisitions réalisées entre le 21 février 2026 et le 31 décembre 2028.
Sa logique est différente. Pas de réduction d’impôt ici : tu amortis le logement dans tes revenus fonciers, comme en LMNP, mais en location nue. Les conditions principales :
- un logement neuf ou en VEFA dans un bâtiment d’habitation collectif, ou un logement ancien avec des travaux d’au moins 30 % du prix d’achat qui le portent en DPE A ou B,
- une location nue en résidence principale pendant 9 ans, à un locataire hors de ton foyer et de ta famille proche,
- un loyer intermédiaire, social ou très social, avec des plafonds de loyer et de ressources,
- un amortissement annuel de 3,5 %, 4,5 % ou 5,5 % dans le neuf selon le niveau de loyer (3 %, 3,5 % ou 4 % dans l’ancien rénové), calculé sur 80 % du prix,
- un plafond de 8 000 € d’amortissement par foyer et par an, relevé de 2 000 € ou 4 000 € si la location sociale ou très sociale domine.
Le déficit foncier créé reste imputable sur ton revenu global dans la limite de 10 700 € par an. Et l’avantage n’entre pas dans le plafond global des niches fiscales, alors que le Pinel y était soumis. En cas de rupture de l’engagement, les amortissements déjà déduits sont réintégrés dans ton revenu foncier de l’année. Ces conditions peuvent encore évoluer : service-public annonce un projet de loi d’assouplissement du dispositif.
Les autres pistes ?
Le LMNP dans l’ancien reste l’option la plus souple, surtout si tu veux choisir ton loyer et ta ville sans zonage. Le déficit foncier sur un bien ancien à rénover marche bien pour un contribuable très imposé, avec une imputation portée à 21 400 € par an quand les travaux font sortir un logement des classes E, F ou G vers D ou mieux, pour des dépenses payées jusqu’à fin 2027. Et la SCI peut porter un projet à plusieurs, à condition de bien choisir son régime fiscal.
Pour faire court : si ton objectif est le rendement net, commence par un investissement en LMNP. Si ton objectif est de réduire un gros impôt sur le revenu en acceptant un loyer encadré, regarde le Jeanbrun avec un vrai calcul de sortie à 9 ans. Et quel que soit le régime, achète d’abord un logement que tu saurais louer et revendre sans l’avantage fiscal.
FAQ
Peut-on encore acheter en Pinel en 2026 ?
Non. Le dispositif ne s’applique plus aux investissements réalisés depuis le 1er janvier 2025. Un logement présenté comme « éligible Pinel » aujourd’hui ne t’ouvrira droit à aucune réduction d’impôt.
Peut-on louer un logement Pinel en meublé ?
Pas pendant l’engagement : le Pinel impose une location nue en résidence principale, et tout manquement fait reprendre l’ensemble des réductions obtenues. Une fois l’engagement terminé, tu peux passer en meublé et relever du statut LMNP, au départ du locataire en place.
Que se passe-t-il si je vends mon Pinel avant la fin de l’engagement ?
La réduction d’impôt est remise en cause. Ton impôt de l’année de la vente est majoré du total des réductions déjà perçues. L’avantage est maintenu en cas de licenciement, d’invalidité de 2e ou 3e catégorie ou de décès du contribuable ou de son conjoint.
Peut-on cumuler le dispositif Jeanbrun et le LMNP sur un même logement ?
Non, car le Jeanbrun impose une location nue alors que le LMNP repose sur une location meublée. Tu peux en revanche détenir un logement sous chaque régime, ce sont deux biens distincts avec deux fiscalités séparées.
Sources
- Impôt sur le revenu – Investissement locatif loi Pinel/Duflot (réduction d’impôt)
- Investissement locatif Relance logement – Jeanbrun (déduction des revenus fonciers)
Guide gratuitRecevez « Immobilier rentable : les 5 chiffres que tout investisseur doit connaître en 2026 » directement par e-mail.
Recevoir le guide



