Une assurance habitation coûte en gros entre une centaine et quelques centaines d’euros par an. Le chiffre exact dépend de qui tu es (locataire, propriétaire qui habite le logement, bailleur), de la taille du logement, de l’endroit où il se trouve et surtout des garanties que tu choisis.
Il n’existe pas de tarif officiel. Les seules moyennes sérieuses viennent des assureurs eux-mêmes ou des comparateurs qui publient leurs données, avec leurs limites. On te donne plus bas celles d’un comparateur nommé, datées, et on t’explique pourquoi ta prime peut s’en écarter du simple au double.
Et avant de chercher à payer moins, vérifie une chose : est-ce que tu es obligé d’être assuré, et pour quoi exactement ?
Qui est obligé de souscrire une assurance habitation ?
La réponse change selon ta situation, et c’est elle qui fixe le minimum que tu vas payer.
Le locataire
Le locataire d’une résidence principale, vide ou meublée, doit être couvert au minimum pour les risques locatifs (article 7 de la loi du 6 juillet 1989). Concrètement, c’est sa responsabilité envers le propriétaire en cas d’incendie, d’explosion ou de dégât des eaux. Il remet une attestation à la remise des clés, puis chaque année si le bailleur la demande.
S’il ne le fait pas, le bailleur peut lui envoyer un recommandé. Le locataire a alors un mois pour fournir son attestation. Passé ce délai, le propriétaire peut souscrire lui-même un contrat risques locatifs pour son compte et lui refacturer la prime, majorée de 10 % au plus, par douzièmes avec chaque loyer. Le bail peut aussi prévoir une clause de résiliation pour défaut d’assurance. Pour le détail des garanties à prendre selon que tu loues ou que tu donnes en location, lis notre guide sur les assurances à souscrire pour un logement en location.
Exception notable : la location saisonnière. Là, le vacancier n’a pas d’obligation légale.
Le copropriétaire, occupant ou bailleur
Depuis la loi Alur de 2014, l’article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965 impose à chaque copropriétaire une assurance responsabilité civile. Elle couvre les dommages que ton lot peut causer à la copropriété, aux voisins et aux tiers. Que tu habites l’appartement ou que tu le loues ne change rien. Si tu prépares un achat, c’est un des points à regarder parmi ce qu’il faut vérifier avant d’acheter un lot en copropriété, avec le contrat de l’immeuble souscrit par le syndic.
Le propriétaire d’une maison individuelle
Aucune loi ne l’oblige à prendre un contrat s’il habite sa maison hors copropriété. Le bailleur d’une maison n’a pas d’obligation non plus, il doit seulement vérifier que son locataire est couvert. Ça fait partie des obligations légales du propriétaire bailleur.
Pas d’obligation, donc. Mais rester sans contrat sur une maison, c’est parier ton patrimoine sur une fuite ou un départ de feu chez toi qui abîme la maison du voisin. Le jour où ta responsabilité civile est engagée, c’est toi qui paies.
Combien coûte une assurance habitation en 2026 ?
Le comparateur LeComparateurAssurance.com affiche sur sa page de prix, mise à jour le 13 mars 2026, des prix moyens appliqués à la souscription, issus de son outil entre le 1er janvier et le 1er mars 2026. Quelques lignes de ses tableaux :
| Profil et surface | Appartement | Maison |
|---|---|---|
| Locataire, 20 à 39 m² | 114,24 € par an | 152,26 € par an |
| Locataire, 60 à 79 m² | 152,47 € par an | 178,12 € par an |
| Propriétaire occupant, 40 à 59 m² | 171,32 € par an | 202,69 € par an |
| Propriétaire occupant, 80 à 99 m² | 222,09 € par an | 288,68 € par an |
Prends ces chiffres comme un repère, jamais comme une norme. Les données viennent d’un seul comparateur, sur deux mois, sans détail sur la méthode, le nombre de contrats ou les garanties incluses. Un contrat d’assureur en ligne aux garanties serrées tire la moyenne vers le bas, alors que ta formule complète avec rééquipement à neuf coûtera forcément plus.
Pour l’assurance propriétaire non occupant (PNO), on n’a trouvé aucune moyenne publiée avec une méthode claire. Donc pas de chiffre ici. Retiens juste qu’une PNO couvre surtout l’immeuble et ta responsabilité, sans les meubles d’un occupant, ce qui la rend en général moins chère qu’une multirisque complète sur le même logement. Demande deux ou trois devis, c’est le seul moyen fiable de savoir.
Autre chose qui explique les hausses récentes : l’État a relevé le taux de la surprime catastrophes naturelles, calculée sur la part dommages de chaque contrat habitation, de 12 % à 20 % au 1er janvier 2025. Ce taux ne se négocie pas, il est le même chez tous les assureurs.
Ce qui fait monter ou baisser ta prime
L’assureur calcule ton tarif à partir de ce qu’il risque de te rembourser. Chaque critère ci-dessous pousse dans un sens ou dans l’autre.
- La surface et le nombre de pièces. Plus il y a de mètres carrés, plus il y a de murs, de sols et de mobilier à reconstruire. Beaucoup d’assureurs tarifent au nombre de pièces principales.
- Maison ou appartement. Une maison expose davantage (toiture, tempête, cave, dépendances), le tableau du dessus le montre bien.
- La ville et le quartier. Taux de cambriolage, zone inondable ou argileuse, coût des travaux local. Le même T2 n’a pas le même prix à Lille et à Nice.
- La valeur du mobilier déclarée. C’est le plafond de remboursement de tes biens. Le surestimer te fait payer pour rien. Le sous-estimer te laisse un plafond trop bas, et si le contrat applique la règle proportionnelle (article L121-5 du Code des assurances), l’indemnité baisse en proportion.
- La formule. Risques locatifs seuls, multirisque de base, formule étendue avec vol, bris de glace élargi, objets de valeur, rééquipement à neuf.
- La franchise. Plus elle est haute, plus la cotisation baisse.
- Tes sinistres passés. Plusieurs déclarations sur les dernières années et l’assureur te fera payer plus, voire refusera de te prendre.
- Les équipements. Porte blindée, alarme, piscine, panneaux solaires, véranda : certains font baisser la prime, d’autres l’augmentent.
Le critère qu’on oublie le plus souvent, c’est la valeur du mobilier.
Fais l’inventaire une fois, pièce par pièce, avec les factures des gros achats. Tu verras vite si le capital mobilier proposé par défaut colle à ton studio meublé chez Ikea ou s’il reste très loin de ton salon rempli de matériel photo.
Payer moins cher sans être mal couvert
Changer d’assureur après un an
Depuis la loi consommation de 2014, dite loi Hamon, tu peux résilier ton assurance habitation à tout moment une fois passée la première année, sans frais ni justification. La résiliation prend effet un mois après que l’assureur a reçu la demande, et il te rembourse la part de cotisation déjà payée pour la période non couverte.
Si l’assurance est obligatoire pour toi (locataire, copropriétaire), c’est le nouvel assureur qui fait la démarche auprès de l’ancien. Tu n’as pas de trou de couverture. Et si ton assureur propose la souscription en ligne, il doit aussi te laisser résilier en quelques clics depuis son site, même pour un contrat signé en agence.
Comparer les garanties, pas seulement le prix
Deux devis à 130 € peuvent cacher deux contrats sans rapport. Pose-les côte à côte et regarde le plafond mobilier, le plafond objets de valeur, la vétusté appliquée (remboursement à neuf ou à valeur d’usage), les conditions du vol (effraction exigée, serrures précises) et les exclusions.
Tu es locataire ? Garde aussi en tête ce qu’aucune formule ne couvre. Une tache, un parquet rayé, une porte arrachée ne relèvent pas de l’assurance mais de la responsabilité du locataire en cas de dégradations, et c’est le dépôt de garantie qui trinque.
Jouer sur la franchise, calculette en main
Monter la franchise fait baisser la prime. La vraie question, c’est combien de temps il faut pour que l’économie couvre la différence. Exemple avec des chiffres fictifs, juste pour la méthode : un contrat à 180 € par an avec 150 € de franchise, contre 155 € par an avec 300 € de franchise. Tu gagnes 25 € par an, tu perds 150 € de plus au premier sinistre. Il te faut six ans sans déclaration pour être gagnant.
Si tu n’as rien déclaré depuis des années et que tu peux encaisser quelques centaines d’euros, la grosse franchise se défend. Sinon, garde la petite. Note que pour une catastrophe naturelle, la franchise est fixée par la loi (380 € pour un logement, 1 520 € pour la sécheresse) quel que soit ton contrat.
Couper ce qui fait doublon
Protection juridique déjà incluse dans ton contrat auto ou ta carte bancaire, responsabilité civile vie privée achetée en double, garantie appareils nomades jamais utilisée. Relis ton échéancier ligne par ligne. Les options s’empilent vite, et on ne les retire presque jamais.
Le cas du propriétaire bailleur
Si tu loues un bien, ta facture d’assurance ne se limite pas à la PNO. En copropriété, la PNO est obligatoire puisqu’elle porte ta responsabilité civile. Hors copropriété, elle reste très recommandée : elle prend le relais quand le locataire n’est pas assuré, entre deux locations, ou quand un sinistre vient d’un défaut de l’immeuble dont tu es responsable.
Le loyer impayé, lui, n’est couvert par aucune assurance habitation. Pour ça, il faut une garantie loyers impayés (GLI), un contrat à part avec ses propres conditions d’accès sur le dossier du locataire. Bonne nouvelle pour ta fiscalité : en location nue au régime réel, les primes de PNO et de GLI se déduisent des revenus fonciers.
Bref, avant de signer quoi que ce soit, fais l’exercice dans cet ordre : ce qui est obligatoire pour toi, ce que tu peux perdre de pire, puis le prix. Dans ce sens-là, tu paies le juste prix. Dans l’autre, tu découvres les trous de ton contrat le jour du sinistre.
Questions fréquentes
Un étudiant en studio meublé doit-il prendre une assurance habitation ?
Oui. L’obligation de couvrir les risques locatifs vaut pour toute location de résidence principale, vide ou meublée, y compris le bail mobilité. La location saisonnière, les foyers et les logements de fonction font partie des exceptions. Le studio d’étudiant loué à l’année n’en fait pas partie.
Le propriétaire peut-il imposer son assureur au locataire ?
Non. Il peut exiger une attestation à l’entrée puis chaque année, et prévoir une clause de résiliation du bail pour défaut d’assurance. Le choix de l’assureur reste celui du locataire.
Peut-on résilier son assurance habitation avant un an ?
Pas sans motif. Avant le premier anniversaire, la résiliation n’est possible qu’à l’échéance ou pour un motif prévu par la loi ou le contrat, comme un déménagement ou un changement de situation qui modifie le risque.
Pourquoi ma prime augmente-t-elle alors que je n’ai rien déclaré ?
Une partie de la hausse ne dépend pas de toi, comme la surprime catastrophes naturelles passée de 12 % à 20 % en janvier 2025 sur tous les contrats habitation. Compare quand même chaque année, puisque tu peux changer d’assureur à tout moment après un an.
Sources
- Ce qu’il faut savoir sur l’assurance habitation
- Assurance habitation, auto, complémentaire santé : comment résilier son contrat ?
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