Pour créer une SCI, tu dois être au moins deux associés, rédiger des statuts, réunir les apports, publier une annonce légale puis immatriculer la société sur le guichet unique en ligne. Aucun capital minimum n’est imposé. Les frais obligatoires font un peu plus de 300 € TTC, et la note grimpe vite si un notaire intervient. Les choix que tu poses dans les statuts, eux, te suivront pendant des années.
Une SCI, c’est vraiment la bonne structure pour ton projet ?
La SCI sert à détenir et gérer un ou plusieurs biens immobiliers à plusieurs, sous la forme d’une société civile. Elle évite l’indivision, où chaque décision importante peut vite bloquer. Avec une SCI, ce sont les statuts qui fixent qui décide et comment. Avant de te lancer, pèse quand même les avantages et les inconvénients d’une SCI pour ta situation.
Deux conditions de départ. Il faut au minimum deux associés, et une SCI ne peut pas avoir d’activité commerciale. Acheter, louer et gérer des immeubles, oui. Acheter pour revendre de façon habituelle, c’est une activité commerciale, et une société civile qui s’y livre bascule d’office à l’impôt sur les sociétés.
Et il y a un point que beaucoup découvrent trop tard. Face aux créanciers de la société, chaque associé répond des dettes sans limite, à proportion de sa part dans le capital. Si la SCI ne rembourse plus son prêt et que la banque n’obtient rien en la poursuivant, elle peut venir te chercher sur ton patrimoine personnel, à hauteur de ta quote-part.
Mieux vaut le savoir avant de signer.
Quelles sont les étapes pour créer une SCI ?
Le parcours tient en six étapes. L’ordre compte, parce que chaque formalité demande les pièces de la précédente.
- Choisir les associés et la répartition des parts.
- Rédiger et signer les statuts.
- Réunir les apports (argent, bien immobilier, ou les deux).
- Publier l’avis de constitution dans un journal d’annonces légales.
- Déposer le dossier d’immatriculation sur le guichet unique des formalités, avec la déclaration des bénéficiaires effectifs.
- Choisir le régime fiscal, impôt sur le revenu ou impôt sur les sociétés.
Le dossier d’immatriculation se fait en ligne. Prévois les statuts signés, l’acte de nomination du gérant s’il n’est pas désigné dans les statuts, une déclaration de non-condamnation pour chaque gérant, l’attestation de parution de l’annonce légale et un justificatif du siège social. Une fois la SCI inscrite au registre, elle a sa personnalité juridique et elle peut acheter en son nom.
Que doivent contenir les statuts d’une SCI ?
Les statuts sont écrits, et ils doivent au moins indiquer la forme de la société, son objet, sa dénomination, son siège, son capital, sa durée, l’apport de chaque associé et les règles de fonctionnement. Avec ce socle, la société existe. Pour éviter les blocages entre associés, tu dois ajouter quelques clauses bien pensées.
Les clauses qui font la différence
L’objet social doit coller à ce que tu comptes faire. Un objet trop étroit (« détention de l’appartement situé rue X ») te bloque le jour où tu veux acheter un deuxième bien. Un objet qui sent l’activité commerciale peut faire basculer la société dans un autre régime fiscal.
Regarde aussi de près les pouvoirs du gérant, les règles de majorité pour vendre ou emprunter, et la clause d’agrément. C’est elle qui fixe à quelles conditions un associé peut céder ses parts à quelqu’un d’extérieur. Dans une SCI entre proches, elle évite de voir débarquer un tiers à la table.
Notaire, avocat ou statuts faits maison ?
Tu peux rédiger les statuts toi-même. Mais dès qu’un associé apporte un bien immobilier à la société, le passage chez le notaire devient obligatoire, parce que l’apport doit être publié au service de la publicité foncière par acte authentique. Le notaire est aussi conseillé quand des héritiers entrent dans la SCI, pour éviter qu’un avantage consenti à l’un d’eux ne soit remis en cause à la succession.
Combien coûte la création d’une SCI ?
Les frais obligatoires sont modestes. Ce sont les honoraires de rédaction et les frais de notaire qui font grimper la facture.
| Poste | Montant | Obligatoire ? |
|---|---|---|
| Annonce légale de constitution (métropole, 2026) | 191 € HT, soit 229,20 € TTC (forfait fixé par arrêté) | Oui |
| Immatriculation d’une société civile | 60,38 € TTC | Oui |
| Déclaration des bénéficiaires effectifs | 19,33 € TTC | Oui |
| Rédaction des statuts par un professionnel | Variable selon le cabinet | Non |
| Acte notarié en cas d’apport d’un bien | Variable, selon la valeur du bien | Oui si apport immobilier |
Le tarif de l’annonce légale est un forfait national, le même quel que soit le journal habilité que tu choisis en métropole. Inutile donc de faire jouer la concurrence sur le prix de l’annonce elle-même.
Et le capital ? Tu fixes le montant que tu veux, 100 € comme 100 000 €. La loi n’oblige pas non plus une SCI à bloquer les fonds sur un compte avant l’immatriculation. Les apports, eux, restent dus, et ils peuvent être libérés plus tard selon ce que prévoient les statuts.
IR ou IS : quel régime choisir dès la création ?
Par défaut, la SCI est fiscalement transparente. Elle ne paie pas l’impôt elle-même. Chaque associé déclare sa quote-part des loyers dans ses revenus fonciers, et la société dépose chaque année une déclaration n° 2072.
Tu peux aussi opter pour l’impôt sur les sociétés. La SCI paie alors l’impôt sur son bénéfice et dépose une déclaration n° 2065. Toi, tu n’es taxé que sur ce que tu te verses, en dividendes. Cette option se notifie au service des impôts avant la fin du troisième mois de l’exercice concerné, ou directement en cochant la case lors de l’immatriculation.
Tu peux encore revenir en arrière. Depuis les exercices clos à partir du 31 décembre 2018, tu peux renoncer à l’IS jusqu’au cinquième exercice qui suit l’option. Passé ce délai, le choix devient définitif. Et si tu as renoncé une fois, tu ne pourras plus jamais opter à nouveau.
Chez nous, en 2018, on a créé une SCI familiale à l’IS pour porter l’immeuble de rapport de quatre lots acheté l’année d’avant à Montauban.
Le bon choix dépend de ta tranche d’imposition, de la durée de détention et de ce que tu comptes faire des loyers. Pour comparer les deux en détail, regarde comment choisir entre une SCI à l’IR ou à l’IS selon ton profil.
Que faut-il faire une fois la SCI immatriculée ?

Ta SCI existe. Maintenant, il faut la faire vivre comme une vraie société. Le gérant la représente, signe les baux et les actes, et tient les comptes. Il doit rendre compte de sa gestion aux associés au moins une fois par an, et l’habitude saine reste de tenir une assemblée générale qui approuve les comptes.
Ouvre un compte bancaire au nom de la SCI et fais-y passer tous les loyers et toutes les dépenses. Une SCI qui n’a ni compte séparé ni assemblée générale ressemble à une coquille vide aux yeux de l’administration fiscale, qui peut la requalifier et redresser. C’est l’une des erreurs fréquentes dans la gestion d’une SCI, et elle coûte cher.
Garde aussi un œil sur le calendrier fiscal. À l’IR, la déclaration 2072 part avant le deuxième jour ouvré qui suit le 1er mai. À l’IS, la déclaration 2065 suit la même échéance si l’exercice se clôt au 31 décembre.
Ces habitudes comptent le jour où un associé veut sortir ou transmettre ses parts à ses enfants.
Ton premier pas, avant d’appeler qui que ce soit : mets-toi d’accord avec tes futurs associés sur la répartition des parts, l’objet social et le nom du gérant. Le reste suivra.
FAQ
Peut-on créer une SCI tout seul ?
Non. Une SCI demande au moins deux associés dès sa création. Si tu veux investir seul via une société, il faut regarder d’autres formes juridiques. Les deux associés peuvent être des époux, des parents et leurs enfants, ou des amis.
Faut-il passer par un notaire pour créer une SCI ?
Pas toujours. Des statuts sous seing privé suffisent si les apports sont en argent. Le notaire devient obligatoire dès qu’un associé apporte un bien immobilier à la société, car l’apport doit être publié au service de la publicité foncière.
Qu’est-ce qui rallonge la création d’une SCI ?
Surtout la rédaction des statuts. Quand les associés sont d’accord sur tout et que les apports sont en argent, les formalités en ligne vont vite. Un apport de bien immobilier ajoute le délai du rendez-vous chez le notaire et de la publication foncière.
Quel capital mettre dans une SCI ?
La loi ne fixe aucun minimum. Le montant dépend de ce que les associés apportent réellement, en argent ou en biens. Un capital très faible n’est pas interdit, mais la banque regardera aussi les apports quand tu demanderas un prêt.





